Rugby – Pro D2 : "Une fois qu’on se rapproche un peu des terrains, tout va mieux de suite", neuf mois après sa blessure, le centre Lukas Doyhenard va porter à nouveau le maillot de l’US Carcassonne
Blessé gravement au genou lors d’un entraînement le 10 avril dernier, le centre carcassonnais va renouer avec la compétition après neuf mois d’absence, ce vendredi soir à Oyonnax (19 h 30).
Votre absence longue durée vous pesait-elle ? Est-ce un soulagement de retrouver les terrains ?
Presque neuf mois d’absence, c’est très très long. J’ai vu le sacre de l’an dernier un peu de loin, ce début d’exercice en Pro D2 qui était l’objectif que l’on s’était fixé l’an dernier aussi des tribunes, pareil… Ce qui est frustrant pour nous quand on est dans ces phases-là, c’est qu’on est un peu éloigné du groupe.
Qu’on ne peut pas apporter ce qu’on essaie d’apporter d’habitude. Et ça reste frustrant. On bosse de notre côté tout seul. Mais du coup, une fois qu’on se rapproche un peu des terrains, qu’on s’entraîne avec le groupe, tout va mieux de suite. Et puis on attend impatiemment le coup de sifflet, le coup d’envoi pour pouvoir un peu se délivrer de tout ça.
Votre dernier match, c’était contre Langon en Nationale, votre reprise est contre Oyonnax en Pro D2, c’est un peu le grand écart ?
Il y a peut-être quelques doutes qui peuvent subsister encore en tête vis-à-vis de tout ça. On a quelques questionnements. Je n’ai jamais joué à ce niveau-là… Après, voilà, comme on s’est dit aussi, ces doutes-là vont se dissiper à la première action, aux premiers contacts, lors des premiers duels à jouer. De toute façon, après, il n’y a pas 36 questions à se poser. Ça reste du rugby. J’en fais depuis un moment.
On est très bien entouré. On a été accompagné parfaitement par l’ensemble du staff, dans tous les compartiments par lesquels on est passé, que ce soit le Cers de Capbreton, les kinés ici, puis les coéquipiers aussi sont là à notre écoute et à nous aider davantage pour intégrer le mieux possible l’effectif. Et retrouver les automatismes qu’on a potentiellement perdus.
Qu’attendez-vous de ce match pour une reprise ?
J’attends que l’on soit bagarreur, qu’on puisse aller chercher des points là-bas. Parce que même si c’est un très gros de la poule, on a réussi à faire un résultat à l’aller contre cette équipe-là.
On a réussi à les faire douter. Maintenant, il faut qu’on capitalise sur la victoire qu’on a pu aller chercher juste avant les vacances. Même si c’était à domicile dans un contexte qui était différent. Mais voilà, si on veut pouvoir espérer faire quelque chose en cette fin de saison, se maintenir et avoir l’esprit un peu plus tranquille en fin d’année, ça va passer par des gros matches. À nous d’aller se les peler et puis on va tout faire pour aller chercher des points.
Vous avez passé pas mal de temps avec Noé Bedou. C’est la même blessure que vous aviez tous les deux à peu près au même moment. Vous revenez aussi au même moment. Vous avez dû tisser des liens ensemble pendant cette convalescence ?
Bien sûr, on s’est rapproché. Ça fait neuf mois que l’on bosse l’un à côté de l’autre. On s’est blessé à deux jours d’intervalle, s’est fait opérer à deux semaines d’intervalle. On a tout fait ensemble, les séjours au Cers de Capbreton, toutes les séances ici de rééduc avec les kinés, les staffs… Forcément, quand on est l’un avec l’autre, mentalement, c’était beaucoup plus facile pour nous deux évidemment. Quand on est à deux, on se soutient, on peut se pousser l’un et l’autre. Il y a un esprit compétition un peu ''enfantin'' qui apparaît un peu tout le temps.
Mais ça nous a permis d’avancer plus sereinement dans la tête. Et puis dans les périodes un peu plus difficiles où on voit les collègues jouer, pouvoir se concentrer un peu sur nous, se donner des objectifs un peu entre nous, ça a permis de faire passer ça plus vite en fait.
Avant votre blessure, vous aviez gagné votre place de titulaire au poste de deuxième centre. Le but n’est-il pas de la retrouver ?
Oui. Bon après, nous, on a une concurrence qui est quand même très saine dans l’ensemble du club. On est franchement plus des collègues de travail qu’autre chose. C’est de l’émulation plus qu’autre chose. Mais bien sûr qu’on a envie de jouer. Bien sûr qu’on a envie d’avoir du temps de jeu. Retrouver cette place-là, ça reste aussi un objectif personnel. Mais tant que l’ensemble de l’effectif tourne correctement, qu’on arrive à chercher des victoires, ça reste un sport d’équipe, un sport qui est très exigeant.
On sait que maintenant ces dernières années on a de gros effectifs au sein des clubs parce que les saisons sont longues. Bien sûr que j’ai envie de prendre part à cette aventure-là le plus possible et avec le plus de temps de jeu possible, mais c’est un objectif annexe. D’abord c’est de se sauver.
Publié le 07/01/2026 à 19:03
Recueilli par Pierre Cathala
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